Biographie de Frédéric Favarel

Frédéric Favarel est avant tout un coloriste de la six cordes. Sa pensée musicale est basée sur une conception graphique, il pense en terme de couleurs et de lignes. Lorsqu’il joue, il provoque certaines résonances et chacune d’elles correspond à une couleur spécifique. De cette manière, son jeu ne propose que très peu de clichés harmoniques, il improvise l’harmonie, jouant ainsi un maximum dans l’instant, livrant alors un jeu harmonique vraiment personnel. « Pour moi, la mélodie induit la couleur. » Plus que les guitaristes (Bill Frisell, John Scofield, Pat Metheny), ce sont les pianistes chez qui la réharmonisation est bien poussée qui l’ont le plus influencé.

Né en 1966, Frédéric Favarel ne s’intéresse au jazz qu’à l’âge de 19 ans. Jusqu’à 26 ans, il sillonne le milieu du jazz dans la région toulousaine, sa province natale.

A l’automne 1992, il quitte Toulouse pour aller étudier à la New School de New York, grâce à une bourse de la commission franco-américaine. « Plusieurs raisons à ce départ. D’une part, je trouvais qu’il ne se passait pas grand chose pour moi à Toulouse et que j’avais besoin d’un petit coup d’accélérateur. La deuxième raison est que j’avais toujours rêvé d’aller dans cette ville. La troisième raison est que sur un plan musical, les gens que j’écoutais étaient là-bas, notamment Richie Beirach, qui a été une de mes motivations principales quant à ce voyage. »

Il avait rencontré ce dernier en 1986 à l’occasion d’un stage. Cela n’était pas fortuit dans le sens où celui-ci avait beaucoup collaboré avec John Abercrombie, ayant fortement inspiré Frédéric. Mais son influence principale, il la doit à des pianistes. On retrouve de nouveau Richie Beirach, auprés de qui il prend des cours avant de le côtoyer régulièrement pendant trois ans. « Ce qui me plait chez lui, c’est son énorme personnalité, son approche mélodico-harmonico-rythmique de la musique et son expérience du métier. »

De retour en France en 1995, il participe à de nombreuses expériences hétéroclites, entrant ainsi dans une ouverture musicale. Cela s’illustre par de nombreuses rencontres, telles que le bassiste Richard Bona, le pianiste Jean Pierre Como, le guitariste Louis Winsberg ou bien encore l’autre guitariste Christian Escoudé. « Mon désir, en arrivant à Paris – que je ne connaissais pas avant d’aller à New York – c’était de rencontrer un maximum de gens et de multiplier les expériences. Quelle que soit la barrière stylistique, je pense avoir autant appris avec René Urtreger qu’avec Christophe Marguet ; même si d’un point de vue stylistique, c’est éloigné, d’un point de vue musical et créatif, j’avais des choses à apprendre. »

En 1996, il intègre l’Orchestre National de Jazz de Laurent Cugny suite au décès de Lionel Benhamou. « A l’époque, je jouais au Sunset en quartet avec Stéphane Huchard, batteur de Laurent Cugny. Ce soir là, Laurent était dans la salle, j’ai appris par la suite que Stéphane lui avait parlé de moi, car à ce moment-là il cherchait un remplaçant. »

Aujourd’hui, on peut l’entendre au sein du Big Band Lumière de Laurent Cugny, aux côtés de Richard Bona et du trio de Phil Abraham.
En préparation, un nouveau disque avec Stéphane Guillaume (sax soprano, alto, clarinette) Pierre-Olivier Govin (sax alto, baryton), Frédéric Monino (basse électrique) et Patrice Héral (batterie).

A écouter
Frédéric Favarel duo (avec Richie Beirach) Dialogues, AA-records/Dam
Frédéric Favarel Group, The Search, AA- Records/Dam
Phil Abraham trio, Fredaines, Lyrae Records

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *